Dimanche à Nuremberg, les Pays-Bas ont quitté Allemagne 2006 à l'issue d'un match marqué par un déluge de cartons de toutes les couleurs. Mais, la performance des Oranje sur l'ensemble du tournoi est...
Edwin van der Sar et ses coéquipiers sont déçus, et on ne le serait pas moins. Car ils avaient les moyens de battre le Portugal, supériorité numérique ou pas. Mais pour la première fois dans le tournoi, leur inexpérience s'est fait sentir. Plutôt deux fois qu'une. Chaque fois qu'ils ont eu un avantage numérique, ils ont péché par manque de discipline.
Autre signe qui ne trompe pas : un sérieux problème de finition dans le dernier tiers du terrain, où toute espèce d'inspiration semblait subitement quitter les milieux et les attaquants. Et même si Dirk Kuyt a relativement bien répondu aux attentes de van Basten, ce dernier doit encore se mordre les doigts d'avoir laissé sur le banc un renard des surfaces comme Ruud van Nistelrooy.
Sentiment exprimé à sa façon par un Robin van Persie en larmes. Autant de réactions qui montrent à quel point la jeune génération de van Basten croit en elle.
"Rien à dire au niveau de la combativité, mais la finition est à revoir".
En avance sur le programme
van Basten n'avait pas cherché à déguiser les points faibles d'une équipe jeune, dont les joueurs évoluent encore pour la plupart aux Pays-Bas. "Il nous faudra 100 % de réussite pour arriver à concurrencer les grands favoris de cette Coupe du Monde."
Au bout du compte, les choses ont tourné au vinaigre, si bien que la belle série de 15 matches sans défaite en deux ans, en match de compétition, a brutalement pris fin face au Portugal.
Toutefois, van Basten est moins abattu que la plupart des sélectionneurs rentrés chez eux. A 41 ans, l'avenir lui appartient. Lors de sa prise de fonctions, il avait clairement annoncé que son projet était de construire une équipe jeune, qui arriverait à maturité pour l'UEFA EURO 2008, plutôt qu'Allemagne 2006. Après avoir vu ses poulains s'extirper d'un groupe qui comprenait également l'Argentine, la Côte d'Ivoire et la Serbie et Monténégro, l'ancien Milanais peut légitimement considérer qu'il est en avance sur son programme.
Les progrès de sa formation suffisent à donner confiance à van Basten. Lors de la phase de préparation à Allemagne 2006, il avait confié : "Nous nous améliorons de semaine en semaine, c'est le plus important. Jusqu'où nous pouvons aller ? Je n'en sais rien".
Le point le plus positif pour les Oranje à l'issue de cette Coupe du Monde de la FIFA 2006, c'est qu'ils en ressortent unis, avec un esprit d'équipe plus fort que jamais.
D'aucuns rétorqueront que van Nistelrooy ne l'entend peut-être pas de cette oreille. Non titularisé face au Portugal, avec les conséquences que l'on sait, l'avant-centre mancunien doit en vouloir à van Basten… C'est mal connaître "Van the Man", qui a été le premier à étouffer la rumeur.
"J'ai eu une discussion animée avec lui. Nous avons parlé d'homme à homme, et ça m'a fait du bien. Cela n'enlève rien à mon désaccord avec lui sur certains points, mais je respecte sa décision et je l'ai acceptée.".
Si van Basten peut se passer de son buteur vedette et assister à la déroute de son équipe, tout en préservant l'harmonie au sein du camp batave, alors il est temps d'en tirer une première conclusion : dans quatre ans en Afrique du Sud, les Pays-Bas seront de sérieux candidats au titre mondial.